Le MMA au Maroc, interview de coach Fakir

Fahd Fakir est un  kick-boxeur et Mixed Martial Artist marocain et l’un des fondateurs (avec Amine Ounir) de Elite Fighting Center, un centre d’entrainement mixte en sports de combat et Fitness dont il est Head Coach. En un an et demi d’existence, Elite s’est imposé comme une référence incontournable des sports de combats et du crossfit de la capitale.  The Rabat Tribune a rencontré Fahd pour échanger autour du MMA (Mixed Martial Arts – Arts Martiaux Mixtes), un sport de combat qui s’est développé à une vitesse extrêmement forte ces dernières années dans le monde, porté par l’organisation américaine UFC (Ultimate Fighting Championship).

Fahd, merci de nous accueillir au sein d’Elite, pour commencer, qu’est ce que le MMA ?

Le MMA est un sport de combat qui s’inspire de nombreuses autres disciplines. Il comporte 3 phases de combat : le combat debout (ou stand-up), le travail de clinch (accrochage avec percussion ) et le combat au sol. Pour gagner un combat, il faut faire subir une soumission (avec une clé ou un étranglement) ou mettre son adversaire KO ou s’en référer à la décision des juges (victoire par points).

Quels arts martiaux faut il maîtriser pour réussir dans le MMA ? 

Pour avoir du succès dans le MMA, pas besoin de maîtriser des arts martiaux à 100%. Le MMA est une compilation des  techniques les plus efficaces  de nombreux sports de combat qui auront leurs importance pour  être un Mixed Martial  Artist. Il ne faut rien négliger, tous les phases de combats ont leurs approches, leurs stratégies et donc notre rôle est de donner aux pratiquants une maitrise efficace pour être complet dans chaque niveaux de combat stand-up, clinch et ground.

Après, selon la phase de combat, on utilise des techniques issues de différents sports.  Pour le stand-up, ce serait le kick boxing, la boxe anglaise, la boxe tai… – pour le clinch on va utiliser plutôt la lutte ou les saisies et les percutions du muay tai – au sol, on a besoin  du Jiu Jitsu brésilien et de lutte.

A Elite, nous enseignons toutes les techniques nécessaires pour être un bon combattant MMA. Nos spécialités sont le kick boxing – la boxe Anglaise- le muay tai et le jiu jitsu brésilien (nous avons un maître internationalement réputé). Dans le cour MMA, nous fusionnons toutes ces techniques pour que le pratiquant puisse être complet.

Y’a-t-il des champions de MMA marocains ?

Il y a des champions d’origine marocaine. Je pense par exemple à Khalid Ismail, qui s’entraîne au Royaume-Uni et qui est impressionnant. Il n’y a pas de champions marocains ayant grandi et s’étant entraînés au Maroc. C’est d’ailleurs l’un des objectif d’Elite, faire monter une génération de combattants issus du pays.

Pourquoi, selon toi, n’y a-t-il pas de champions ‘made in Morocco’ ?

Au Maroc, comme en France, on a encore du mal à accepter l’idée du MMA. Le problème vient d’une mauvaise compréhension de ce sport. Par exemple, les gens s’arrêtent sur des détails, comme le fait que le combat se déroule dans une cage, pour dire que ce sport est inhumain. En réalité, la cage protège les sportifs en cas de projection : dans un ring, une projection peut faire chuter le pratiquant d’une hauteur d’1.5 mètres, avec la cage, on limite fortement ce risque.

Que faudrait il donc pour développer ce sport au Maroc ?

A mon avis, il faut qu’on arrête de suivre l’exemple français (où le MMA est toujours interdit), que les fédérations de sport de combat existantes s’ouvrent à l’idée que le MMA est un sport de combat à part entière, qu’il a de plus en plus de fans et que c’est un sport où les combattants marocains peuvent briller. La deuxième clé du succès est l’exposition internationale. On a besoin d’aller faire des formations, des stages, des tournois un peu partout dans le monde pour nous améliorer. A Elite Fighting Center, , nous faisons régulièrement des séminaires avec des champions internationaux pour élargir la pratique de ce sport par des professionnels.

Y a-t-il un potentiel justifiant une fédération au Maroc ?

Bien sûr ! En 2009 déjà, j’avais organisé un premier événement, le FFC (pour Furious Fighting Championship) et avait pu mesurer l’immense intérêt des marocains pour le MMA. En plus, chez Elite seulement, en un an et demi, nous avons plus de 300 personnes qui pratiquent le MMA.  J’ai bon espoir que certains d’entre eux réussiront dans ce sport. Les marocains sont excellents dans les sports de combat en général et la raison vient du fait qu’il ne lâchent jamais, ils n’abandonnent juste pas.

Ci-dessous, certains des meilleurs moment de MMA de l’année 2015 :

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