Qui est Jihane Bougrine, l’auteur du superbe ‘Loon bladi’ ?

Bonjour Jihane, merci de prendre le temps de parler à nos lecteurs malgré ton agenda chargé par la promotion de ‘Loon Bladi’. On te connaissait journaliste, on te découvre aujourd’hui chanteuse. Qu’est ce qui t’a encouragé à poursuivre une carrière artistique en parallèle de ta carrière journalistique ?

Merci à vous ! C’est un plaisir de répondre aux questions d’un journal dédié à ma ville na
tale, une ville mélomane et amoureuse de la culture, qui m’a nourrit toutes ses années et qui a su me ressourcer à chaque fois ! Pour répondre à la question, je pense avoir poursuivi une carrière de journaliste en parrallèle à ma carrière artistique ! (Rires). J’ai toujours fonctionné comme cela, la musique a toujours été là et elle est toujours passé avant ! Au collège déjà, j’avais un
groupe, au lycée je composais et j’écrivais dans ma chambre, mon bac en poche je voulais faire une école de musique à Paris mais des soucis
familiaux m’en ont empêcher et je n’ai pas eu d’autre choix que d’opter pour une école de commerce. Le destin a voulu que je participe à beaucoup de concours de 10373777_10154307677425495_7684780083141891166_nchants, que je fasse pas mal de castings et que je vive plusieurs moments de scène dans cette école. Ensuite je suis allée à Paris pour concrétiser le rêve. J’ai fait des tournées en tant que choriste, j’ai rencontré des gens formidables, jouer dans plein d’endroits géniaux et j’ai même commencer à enregistrer un album, une expérience qui n’a pas abouti… Donc la musique a toujours été là ! Le journalisme est là pour le côté alimentaire tout en y trouvant une mine d’or pour assouvir ma passion pour la culture et l’écriture. C’est un bel équilibre je pense.

Depuis quand chantes tu ?

Depuis toujours… Un peu bateau comme réponse mais c’est vrai. Ma mère me racontais que je fredonnais tout le temps petite, que je m’assayais à côté de la radio à tout juste 1 an, que je reprenais les tubes de Disney ou les pubs écoutées à la télévision. Chanter a toujours été un moyen de m’exprimer même si à l’adolescence je me cachais pour chanter, j’avais honte. J’ai eu plusieurs groupes, chanté à la chorale, pris des cours et j’ai décidé de me professionnaliser après le Bac. J’ai beaucoup fait de scènes pendant mon curuses scolaire à l’ENCG de Settat ou à Paris après. J’ai travaillé avec Fred Lafage, un guitariste formidable en duo, l’ex guitariste de Zaz , d’ailleurs que j’ai connu des les petites salles d’Oberkampf où on jouait tous ensembles. J’ai énormément appris de lui ! En rentrant à Rabat définitivement en 2010, j’ai crée le trio LooN qui est devenu un quintet plus tard, et on fait pas mal de scène ! C’est à ce moment là que j’ai écrit « loon bladi », première chanson que j’ai écrite en darija, habituée à écrire en francais ou en anglais. J’ai toujours eu envie de faire cet album mais j’aurais jamais imaginé le faire en darija. Surtout , qu’à deux reprises j’a signé avec des labels qui ont voulu faire de moi un produit marketing rap ou rob… Le destin a voulu qu’un rappeur connu ait confiance en moi et me laisse voler de mes propores ailes. C’est grâce à la rencontre avec Don Bigg il y a 2 ans que tout a commencé !

Justement, pourquoi être passé à la darija pour ‘Loon bladi’ ?

C’était pas du tout un choix, cela s’est vraiment imposé à moi. De part mes envies du moments, ce que j’avais envie de dire. L’anglais était pour moi trop loin de mon vécu de ma réalité. J’ai passé mon enfance en France, le français vient naturellement et évoque plus de choses en moi. Darija aussi, dès mon retour de France, j’avais envie de chanter en darija. Je ne me suis pas forcée, c’est venu naturellement. Don Bigg m’a conforté dans cette idée, et Ayoub Belmokaddem qui est une plume et un musicien incroyable m’a beaucoup aidé dans le processus d’écriture. Quelques chanson viennent en français aussi, on en gardé une dans l’album. Mais je n’ai rien provoqué. Cele sert à rien de toutes les facons, la démarche créative doit être sincère. Ce n’est pas un choix, c’est presque une fatalité.

Quelles sont tes inspirations musicales ? Et personnelles ?

IMG_0778-2Tout m’inspire. Le soleil, le mauvais temps, les gens, le train, Rabat, les pains au chocolat, la pluie, Paris, les films…Tout ! En musique, j’ai ouvert mes yeux sur la musique de Micheal Jackson et Bob Marley que mon grand frère m’a fait découvrir avec les cassettes et vhs dans sa chambre. Enfant j’écoutais et apprenais par cœur les chansons de Disney que je m’amusais à chanter à mes camarades dans la cours de l’école, ensuite il y a eu Sting et Ace of base, Aérosmith, Guns N’ Roses, Bon Jovi, premiers CDs achetés, Sting m’a suivi depuis…avant de devenir accro à Souad Massi, Alanis Morisette et Dolorès O’Riordan des Cranberries. Je voulais devenir comme elles ! Ensuite j’ai découvrt le jazz et Nina Simone, Sarah Vaughan ou Ella Fittzerald sont devenues des modèles. Aujourd’hui j’écoute beaucoup de rock alternatif, de rock anglais, j’adore les anglais ! Coldplay ou James Bay, Kings of Leon que je trouvent très british pour des texans ! (Rires) Et la liste est encore longue…parce que je n’ai pas évoqué Cesaria Evora, Oum Keltoum ou encore Mohamed Hyani et Nass El ghiwane !

Pour les influences personnelles, mes parents sont et ont été d’une grande influence. Ma mère a toujours eu envie d’avoir une fille chanteuse et c’est grâce à elle que j’ai connu la musique populaire marocaine et arabe. Mon père était un mélomane et amoureux de la vie, il y avait toujours de la musique à la maison surtout les classiques français. D’ailleurs une de mes plus grandes inspirations dans la chanson française c’est Balavoine !  Et puis il y a mes amis incroyables qui sont comme une famille pour moi et qui nourrissent mon inspiration de par leur amitié et tout ce qu’ils font pour moi chaque jour…

Quelles sont les messages que tu as voulu transmettre à travers cet album ?

Des messages de paix et d’amour, mes hauts et mes bas, ce que j’ai vécu en rentrant au pays, mon reagrd sur la sociète, mon amour pour mes deux cultures. Il s’agit vraiment d’un album personnel, où je raconte vraiment tout. Pudique comme je suis, c’est un exercice difficile mais nécessaire. C’est à la fois personnel et universel puisque tout le monde a vécu un coup de foudre, un chagrin d’amour ou une déception amicale, un coup de gueule quand à la versatilité de notre société ou une envie de patriotisme poussée quand le pays va mal ou est touché. Je ne prétends pas avoir raison ou tord, j’ai écris les choses comme je les ressentais, mon rêve c’est que d’autres se retrouvent aussi dans ce je peux dire…

Tu as parlé tout à l’heure du rôle qu’à joué DBF dans ta réussite à travers la production de l’album ‘Loon bladi’. Pourtant, ton son est plus ‘soul’, ‘folk’... Comment as tu réussi à travailler avec le label d’un rappeur ?

C’est parce que je suis tombé sur un rappeur qui n’écoute pas que du Rap, au contraire même ! (Rires). Bigg est quelqu’un de très ouvert à l’autre, dont la culture musicale est très large ! J’ai moi même été surprises qu’il choisisse mon univers. Quand je suis arrivée au label, il y avait Nadeer, cet incroyable talent du RNB, j’avais peur de ne pas être à ma place, car mon univers est bien loin de tout cela. DBF m’a acceuilli à bras ouverts et m’a rassurée. Ils m’ont fait confiance et je leur en suis éternellement reconnaissante. Et puis la preuve que DBF est un label de musique et pas de rap c’est qu’ils ont signé Saida Fikri et Faycal Azizi…What else ?

Ton album s’appelle ‘Loon bladi’, comment décrirais tu ‘loon bladek’ ?

Multicolore alhamdoulah ! (Rires). Je vois des couleurs partout dans les sourires, les soupirs, les regards, les coups de gueule, les épices, les paysages, notre cuisine, notre façon de parler, de nous habiller, de penser, de nous exprimer. Nous un sommes un pays de diversité aux 1001 couleurs…

Ci-dessous, le premier single de ‘Loon bladi’ : Madabiya

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