Secteur 21 : interview de la fondatrice

Le Secteur 21 est le premier espace de coworking qui a ouvert à Rabat le 3 décembre dernier. Situé dans une villa de 500 m2 localisée à Hay Riad (dans le secteur 21), il a la capacité d’accueillir plus de 40 coworkers, startupers et artistes. En plus de les accueillir, le Secteur 21 ambitionne d’incuber les startups qui y installeront leurs bureaux et de jouer pour eux le rôle d’accélérateur. The Rabat Tribune a interviewé pour vous Hind Chakouk, entrepreneuse engagée et fondatrice du projet :

 

Le Secteur 21, c’est quoi ?

Un espace de coworking pour startups qui veut s’imposer comme un lieu incontournable pour tous les férus d’innovation.

D’où t’es venu l’idée du projet ? Et du nom ?

L’idée est venue du simple constat que la ville de Rabat, qui est la première ville universitaire du Maroc, souffre du manque d’écosystèmes structurés autour de l’entreprenariat, d’endroits ou peuvent se réunir les jeunes entrepreneurs, ou étudiants aspirants entrepreneurs, pour échanger, collaborer avec confiance et développer de nouvelles idées.

A travers cet espace nous voulions créer une notion d’appartenance à une communauté, d’où le nom « Secteur » qui fait également référence à notre quartier « Secteur 21 » à Hay Riad.

Quelles ont été tes inspirations ?

Avant de créer Secteur 21, nous nous sommes beaucoup inspirés des modèles américains. A l’heure de l’économie numérique nous sommes forcés de repenser l’éducation entrepreneuriale. D’où la nécessité de faire partie d’un espace qui sera une sorte de salle de classe, où la communauté représentera une nouvelle source de connaissance et d’innovation qui sera davantage connectée aux évolutions des économies que les universités classiques. C’est à cela que nous aspirons.

Que penses-tu de la startup-scene marocaine ?

L’écosystème entrepreneurial au Maroc est en pleine évolution. Le nombre de startups créées annuellement a quintuplé entre 2012 et 2015, et différents acteurs opérant dans les segments d’accompagnement sont entrain de voir le jour, l’association Injaz dans la promotion de l’entrepreneuriat dans les lycées et les universités, Endeavor un réseau international et CEED une ONG américaine oeuvrent dans l’accompagnement des TPE et PME, Eiréné4Impact dans l’incubation des startups à fort impact.

Ceci dit l’accompagnement dans son vrai sens du terme reste assez faible au Maroc, ces initiatives sont pour leurs majorités localisées sur les axes Casablanca-Rabat, et le mentorat demeure encore timide. De plus, le financement d’amorçage est aussi quasi-inexistant, l’état commence à s’y intéresser et quelques fonds d’investissement également.

Mais les choses commencent à changer, nous sommes confiants que les prochaines années seront meilleures pour l’entrepreneuriat, et que ce dernier réussira à attirer les talents marocains.

Combien de startups pouvez-vous héberger et quels services leur offrez vous ?

Nous pouvons héberger une quinzaine de startups.

En étant membre de Secteur 21, la startup dispose tout d’abord d’un carnet d’adresse de nos partenaires. A savoir tout le kit dont aura besoin un entrepreneur pour se lancer, à des tarifs préalablement négociés. Aussi, chaque membre a accès à tous nos services :

  • Internet Fibre optique
  • Salle de réunion / salle de formation
  • Possibilité d’être accompagné par un de nos mentors
  • Tarifs réduits sur tous nos évènements (networking, brainstorming, ateliers/workshops etc)
  • Cuisine commune équipée
  • Jardin et espaces de détente
Comptez-vous prendre des participations dans les startups que vous incubez ?

Oui, nous sommes entrain de lancer un fonds privé pour les startups en amorçage afin de les aider à décoller.

 

Comment le Secteur 21 se différencie-t-il des autres espaces de co-working ?

Notre espace a pour objectif de cristalliser toutes les ambitions d’un entrepreneur. Cela passe d’abord par un lieu. Nous avons créée un espace qui favorise l’innovation. Il faut venir nous visiter pour s’en rendre compte. Secteur 21 est un espace dynamique, nous l’avons conçu de sorte à ce que chaque membre apporte sa touche personnelle, d’ailleurs, avec les membres qui sont déjà présents, nous avons construits à l’aide de canettes RedBull recyclés, un cabane qu’on a nommée « Museum of Innovation ». Chacun s’y rend pour brainstomrer, ou construire un objet à l’aide de matériaux recyclés.

Mais Secteur 21 n’est pas qu’un lieu, notre but est surtout d’inculquer aux entrepreneurs un état d’esprit, à travers des valeurs communes, des rencontres, et des programmes adaptés.

Peux-tu nous donner une idée des prix pour une startup ?

Chez Secteur 21, le mot d’ordre est la flexibilité. Nos tarifs sont également adaptés aux besoins des startups. Nous proposons des PASS à l’année, au mois et même à la journée, le but étant de profiter d’une ambiance chaleureuse, où règne l’esprit de partage et de confiance.

Pour les forfaits mensuels, nous avons des offres allant de 2 000 Dhs par mois pour un poste en open space jusqu’à 4 000 Dhs pour des bureaux fermés.

Comment une startup peut elle vous rejoindre ?

Nous organisons des journées portes ouvertes à partir du 14 Décembre pour visiter l’espace, y travailler et nous rencontrer. Ensuite nous sélectionnons les startups résidentes qui partagent nos valeurs, notre façon de travailler et notre ambition.

Qui sont vos mentors ?

Nos mentors sont majoritairement entrepreneurs ou dirigeants d’entreprises, retraités ou encore en activité, et avant tout des gens passionnés. Nous comptons parmi eux Ahmed Reda Chami, Mouad Mekouar (M2T), Karim Sy (JakkoLabs), Chafi Sabiry (HP-CDG), Dounia Boumehdi (MITC), Samir Bennani (Ma Navette) ou encore Tarik Fadli (Algo Consulting). Les mentors sont animés d’une volonté permanente de soutenir l’entrepreneuriat. Ils ont conscience du défi que cela représente mais aussi de la nécessité de contribuer à l’économie locale par la création de nouvelles entreprises et le soutien à la croissance de celles qui opèrent déjà.

Quel est ton objectif à 2 et à 10 ans ?

A 2 ans : réussir à structurer l’écosystème entrepreneurial Marocain dans son ensemble pour que la startup scène marocaine devienne un hub pour les startups dans la région MENA.

A plus long terme, je crois beaucoup en la régionalisation, je pense que nous avons beaucoup à gagner à aller chercher les talents partout dans le Maroc, donc mon ambition est que Secteur 21 se développe partout dans le pays. Mais pour cela, il va falloir qu’on apprenne à travailler ensemble avec tous acteurs présent dans l’écosystème.

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